L’OMBRE EBLOUIE


        Chaque orientation attrape l’ombre avec sa propre idée. Chaque matière réagit à l’ombre avec sa propre nuance. Toutes n’accrochent pas avec la même insistance le noir et créent ainsi un dégradé de couleurs signifiant le lieu.

        Le personnage déambule dans un paysage où la lumière est si forte et unique qu’elle ne permet pas de distinguer l’espace qui le structure. L’ombre apporte un regard nouveau sur le détail de cet espace. Elle se heurte à un premier plan, puis un second jusqu’à alors invisibles car éclatant de blancheur.

Ombre éblouie

        Le parcours ombré dévoile le lieu qu’il chemine. L’ombre avance, se redresse, s’intensifie. Elle se découpe, se compose, se mêle. L’ombre s’applique et habille l’architecture qui se manifeste à son passage.

        Son défilé révèle ce que l’œil, trop habitué à survoler, oublie.

        Le tracé d’un univers imaginaire conforte l’importance que l’ombre a dans la réalité de nos espaces quotidiens. Qu’elle soit propre où portée, que ce soit la nôtre, celle d’un voisin ou bien celle d’un objet, elle sert de repère par sa profondeur et son intensité, dans notre déambulation et notre compréhension des lieux que l’on pratique.