BEAUBOURG

C’est étonnant, c’est imposant. Il y a du jaune, du vert, du bleu, du rouge. Ça pétille, résonne dans la ville. Les escaliers commencent et ne finissent jamais. Quand soudain, voilà, nous atteignons le sommet !


BEAUBIRU
La place

Les pas claquettent sur le lino jaune pimpant et puis s’étouffent dès qu’apparait la moquette grise et usée. Le plafond jusqu’alors très haut semble se rapprocher. Les allées sont étroites. Elles se répètent, toutes identiques. Nous sillonnons dans les rayonnages où les murmures viennent se perdre.

Nous y sommes. Le plafond se perd de nouveau dans les hauteurs. Les tables s’étendent à perte de vue. Il est dur de trouver une chaise libre dans ce dédale. Heureux est celui qui aura de surcroit accès à une prise électrique. La bataille se mène silencieusement mais fermement.

Nous prenons place à l’une des grandes tables, située dans la troisième rangée. Elle se trouve à mi-chemin entre la façade vitrée et le mur de béton gris qui cloisonne la pièce. Une épaisseur de rayonnage nous tient à distance du mur et du passage fréquent et sonore des gardiens des lieux.

À l’inverse, il n’y a rien entre nous et l’épaisse façade de verre. Lorsque 15 h passe, un généreux rayon de soleil traverse l’ensemble de la pièce et vient caresser la table. Les tables blanches reflètent la lumière. La pièce s’illumine et se réchauffe. Nous sortons un instant de notre torpeur. Nous portons même attention au clapotis régulier des enregistreuses oubliées au fin fond de nos écouteurs.

Lorsque la concentration nous fait défaut, il arrive de lever les yeux. Les tuyaux bleus et verts se détachent. Le béton projeté sur les poutres d’acier est granuleux. On pourrait presque chercher le fond du plafond devant l’abondance de gaines présentes.

En façade, les allées et venus des visiteurs sur les escaliers roulants semblent si lointains. Ils rythment la vie de la façade, et pourtant, pas un bruit ne traverse les trois parois de verre qui, logées dans l’épaisse structure, la composent.

La ville se découpent en arrière-plan, une succession de petits immeubles de ville ayant pignon sur le musée. Bienvenue au dernier étage de la bibliothèque du Centre Pompidou, un espace si grand, si fourmillant et cependant si calme.


Merci Sophie